Un D.E hip-hop, qu’est-ce que ça changerait ?

1 – Tout danseur devrait obligatoirement avoir le Diplôme d’État pour donner un cours, sous peine d’amende

Il serait donc interdit de donner un cours de danse (contre rémunération, quelque soit le lieu, MJC, école ou autre) sans être détenteur du Diplôme d’État. Il est possible que les stages ponctuels type MasterClass soient exclus, permettant ainsi aux danseurs étrangers notamment de donner un stage lors d’un évènement.

Si le DE hip-hop était mis en place, il y aurait une période de quelques années pour que les professeurs déjà établis et en activité puissent demander une reconnaissance de leurs compétences, en présentant un dossier (apparemment assez complexe) à une Commission représentante du Ministère de la Culture. Ils pourraient ainsi obtenir le D.E par « validation des acquis de l’expérience ». Toute personne qui ne pourrait prétendre à cette reconnaissance ou qui aurait vu son dossier refusé par la Commission devrait suivre le cursus de formation pour obtenir le DE ou passer au moins ses épreuves terminales.

Au terme de cette période d’ajustement, tout danseur souhaitant devenir professeur devra obtenir le Diplôme d’État par les voies « classiques ».

Les sanctions en cas de non-respect sont notamment une amende (environ 3 700 euros à date).

2 – tout danseur souhaitant passer le DE devrait avoir eu son Examen d’Aptitude Technique ou équivalent

Hormis pour les professeurs expérimentés qui pourraient (au moment de la création de la loi) obtenir le D.E sans suivre la formation, il faudra, pour faire la formation ou passer les épreuves terminales, obtenir le « droit d’entrée » en passant l’examen appelé aujourd’hui EAT. Ce « droit d’entrée » peut être attribué d’office aux danseurs qui ont effectué certaines formations à l’étranger notamment (ou titulaires de certains certificats, d’un Conservatoire National par exemple).

Pour obtenir l’EAT, qui est en cours de réforme également, il faudra:

1 dossier écrit (lettre de motivation et CV) + Des épreuves pratiques pour évaluer la technique et l’artistique du danseur (jusqu’à présent : variation imposée, variation libre et improvisation, mais cela est susceptible de changer) +
Jury : l’EAT se passe dans l’un des 4 centres nationaux d’examen, à Bordeaux, Rouen, Nanterre ou Marseille. Les membres du jury sont, d’après nos recherches, des interprètes et professeurs de danse choisis dans une liste de personnalités établie par le Ministère.

Selon le Ministère, « cet examen permet de vérifier que le candidat possède les compétences techniques et artistiques requises pour aborder la préparation au diplôme d’État de professeur de danse :
– maîtrise et précision corporelles, (construction corporelle, précision d’exécution des éléments techniques, respect des dynamiques, des nuances, utilisation de l’espace) ;
– maîtrise des notions de temps, de temps musical, musicalité ;
– sens artistique (qualité d’investissement dans le mouvement, interprétation, comportement, présentation) ;
– capacité à articuler les éléments techniques relatifs à l’option choisie ;
– maîtrise de la composition (spécificité, originalité, créativité). »

3 – Pour créer un référentiel de Diplôme d’État, il faudrait définir et encadrer la danse hip-hop

Qu’il s’agisse de l’EAT, des examens terminaux pour valider le Diplôme d’État ou de la reconnaissance de l’expérience de professeurs ou artistes chevronnés, tout dépend des jurys et des commissions. Ces « juges » doivent en effet disposer d’un référentiel commun et défini pour évaluer les compétences techniques, artistiques et pédagogiques du candidat.

Par conséquent, les jurys n’étant pas composés que de danseurs, mais aussi d’institutionnels, de professeurs et directeurs de centres de formation, il ne s’agira pas d’une évaluation sur la simple appréciation des professionnels hip-hop. Il faudra lister des compétences attendues du candidat. Mais pour évaluer par exemple la connaissance qu’à le candidat de l’histoire de la danse hip-hop, il faudra bien avoir écrit cette histoire et que le jury évalue sur des critères tangibles. Idem donc pour la technicité du danseur : la terminologie de la danse hip-hop, l’exécution des pas, la technicité du danseur ! Tout devra être codifié pour s’inscrire dans un cadre de références.

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