CP12nov2013

[communiqué de presse] un collectif hip-hop émerge face à la menace d’une réglementation

Un collectif d’artistes membres du mouvement hip-hop émerge face à la menace d’une réglementation des danses hip-hop, près de 3 000 signatures récoltées en début de campagne

La réglementation de la danse hip-hop est un dossier qui surgit tous les 5 ans depuis plus de 20 ans au Ministère de la Culture et de la Communication. Mais la réforme en cours de la loi de 1989 qui règlementait jusqu’à présent l’enseignement du ballet, du jazz et de la danse contemporaine rend la menace d’une extension au hip-hop bien réelle et imminente.

Une absence de réelle consultation des professionnels hip-hop, la menace d’une réforme inadaptée

Un groupe de travail organisé au sein du Ministère de la Culture s’est attelé depuis 2 ans à l’évaluation d’une extension de la loi au hip-hop avec la mise en place d’une certification, c’est-à-dire d’un Diplôme d’État de professeur de hip-hop. De nombreux rapports commandés par le Ministère depuis les années 90 alertent sur l’absence de consensus au sein du milieu hip-hop lui-même. Le Ministère avance en promettant une consultation du milieu, tout en montant un groupe de travail dédié au référentiel du hip-hop. D’après nos informations, ce groupe n’a pas abouti faute d’adhésion des professionnels consultés. Des tables-rondes ont été organisées pendant les festivals hip-hop pour établir un dialogue entre les représentants du Ministère et les professionnels hip-hop. Nous avons assisté à l’une d’entre elles et constaté que le niveau d’informations donné aux professionnels ne pouvait donner lieu à un échange constructif et une bonne évaluation des besoins. Et pourtant, la réforme avance, avec une volonté forte des pouvoirs publics de mettre en place cette réglementation.

Le Moovement, plateforme d’échange et d’information pour et par le milieu hip-hop

Suite à ce constat, plusieurs membres du mouvement hip-hop, danseurs, pédagogues, chercheurs, organisateurs d’évènements ont souhaité une consultation plus représentative du milieu. En mars 2013, alors que de nombreux danseurs venus du monde entier étaient rassemblés à Paris pour la compétition internationale du Juste Debout, ces artistes ont organisé une session d’échange et de débat entre les professionnels hip-hop. Un besoin de représentation a alors émergé et l’idée d’un collectif avec lui. Quelques semaines plus tard naissait Le Moovement, rassemblement informel de professionnels hip-hop, avec l’ambition de donner la parole au mouvement.

Une pétition contre le D.E hip-hop adressée à La Ministre de la Culture Aurélie Filippetti rassemble 2 750 signatures en 10 jours

Après avoir rencontré deux représentants du Ministère en juillet dernier, le Moovement leur a remis un rapport explicitant en quoi un diplôme d’État pour l’enseignement du hip-hop ne répondrait pas aux besoins des professionnels ni des pratiquants (rapport accessible sur le site du collectif). Il avait été convenu que ce rapport pourrait nourrir celui du groupe de travail à destination du cabinet de la Ministre et ferait l’objet d’une nouvelle réunion avec le Moovement à la rentrée. LeMoovement a voulu poursuivre cette collaboration mais faute de retour de la part du Ministère, et au regard de l’urgence, a mis en place une pétition pour stopper la réforme en cours, et donner les moyens au milieu hip-hop de se rassembler et de se faire entendre.

Cette pétition, lancée le 25 octobre sur la plateforme de pétitions en ligne Change.org, a vite essaimé sur les réseaux sociaux et collecté en 10 jours plus de 2 700 signatures, y compris à l’étranger. Le milieu hip-hop, né aux Etats-Unis, est une communauté culturelle forte qui dépasse les frontières, et les danseurs se sentent menacés par un encadrement de leur art en France, dont la scène hip-hop est mondialement réputée.

On estime à environ 6 000 les professionnels hip-hop concernés par l’enseignement de la danse en France (mais aucune étude nationale n’a été menée à ce jour). Le nombre de pratiquants est difficile à estimer mais le Ministère affirme qu’il s’agit d’une des premières pratiques amateurs chez les jeunes. Face à l’adhésion constatée, le Moovement va lancer sous peu une nouvelle campagne pour atteindre 5 000 signatures et présenter la pétition au Ministère.

L’extension de la réglementation au hip-hop est une menace pour cette culture d’à peine 30 ans

L’encadrement des danses hip-hop par la réglementation et un diplôme d’État
soulève de nombreuses questions sur la liberté et la créativité, sur la diversité des styles de danses et de danseurs et sur la définition d’un art encore en plein développement. Si le hip-hop s’enrichit aujourd’hui dans l’ambivalence de la scène et de la rue, si l’asphalte n’est plus le seul terrain de jeu de cet art, il n’en reste pas moins que ses danses se caractérisent par une absence de norme et une recherche constante d’innovation technique, chorégraphique et stylistique. Le D.E mis en place en jazz en 1989, qui privilégiait une école sur la multitude de styles, lui aura été fatal. C’est pourquoi les danseurs des autres disciplines aussi se mobilisent pour défendre la liberté du hip-hop aujourd’hui, au côté du milieu.

Références :

Pétition : www.change.org/NeTuezPasleHipHop
Site du Moovement : lemoovement.com
Loi : code de l’Éducation relatif à l’enseignement de la danse : http://legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=54546AD27FE09BE8A8BD62F421E0D0C7.tpdjo16 v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006166614&cidTexte=LEGITEXT000006071191&dateTexte=20131113

Contact :

Lemoov2013@gmail.com

Twitter : @lemoovement

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